C'est décidément la période des anniversaires (merci Mamzelle pour la très belle et agréable soirée d'hier et, encore une fois, bon anniversaire... :D).
Aujourd'hui, le quotidien L'Equipe fête ses soixante ans. Ce sera l'occasion ce soir d'une grande fête qui réunira quelques grandes stars du sport français (j'irai faire un tour mais après mon entraînement natation... il y a quand même des priorités dans la vie).
Depuis le n°1 du 28 février 1946, le quotidien créé notamment par Jacques Goddet fut le principal témoin des plus grands événements de l'histoire du sport. Les plus glorieux, les plus émouvants, les plus tristes.
Lors des recherches effectuées pour mes livres (*), j'ai eu l'occasion de consulter la quasi intégralité des numéros de L'Equipe depuis sa création. Les évolutions ont été nombreuses.
Il est amusant de voir qu'à une certaine époque, la chasse par exemple avait droit à une rubrique quotidienne. La place des sports a également beaucoup changé. La boxe qui n'est plus aujourd'hui traitée comme un sport majeur, faisait régulièrement la une à l'époque de Cerdan (la photo à la Une du n°1 est d'ailleurs une photo de boxe avec Jack Lamotta).
L'Equipe se sont aussi des grands noms du journalisme sportif, des "plumes" comme on dit. Le plus célèbre est bien sûr Antoine Blondin dont les chroniques du Tour de France sont devenues célèbres. Aujourd'hui, les Vincent Duluc, Laurent Moisset ou bien sûr Jean-Christophe Collin (celui dont les papiers m'émeuvent le plus), sont les successeurs des Blondin, Gaston Meyer, Marcel Hansenne, Gabriel Hanot, Robert Parienté, Michel Clare etc...
Le quotidien fut également un des acteurs du sport. Ce fut par exemple le cas quand en 1956, il créa la Coupe d'Europe des Clubs champions, ancêtre de la Ligue des champions, avec je me permets de le rappeler une finale entre le mythique Stade de Reims (bon là je ne suis pas objectif vu que c'est mon club) et le Real Madrid.
On peut lui reprocher ses choix éditoriaux (je ne suis pas le dernier pour ça), regretter la politique de starification de certains sportifs des sports "majeurs" aux dépens des "petits sports" chers à beaucoup des lecteurs de ce blog, on peut toujours remettre sur le tapis l'éternelle "affaire Jacquet" ou contester certaines prises de position du journal, mais je vous garantis que les gens qui y travaillent font leur travail le plus sérieusement possible et que les infos publiées ne sont jamais "pipeau" au moment où elles sortent.
Ensuite, tout le monde peut se tromper et il arrive que ce qui semble être la vérité d'un jour ne soit plus celle du lendemain. En tout cas, depuis huit ans que je suis journaliste à L'Equipe (3 ans à la rubrique foot et depuis 2001 au groupe olympique), je n'ai jamais entendu dire qu'une info avait été publiée juste "pour foutre la merde" ou par désir de "manipulation". Après, il se peut aussi que je sois naïf...
Avec plus de 200 journalistes, L'Equipe est aujourd'hui la plus grosse rédaction au monde pour un quotidien sportif (nous étions par exemple plus de 50 envoyés spéciaux aux Jeux d'Athènes). J'ai pu le vérifier lors de quelques reportages, être journaliste de L'Equipe représente encore quelque chose de très fort et ouvre des portes.
Selon nos aspirations, on voudrait y voir plus de triathlon, de hockey sur gazon, de badminton, de squash ou de tennis de table... on frôle souvent l'indigestion des Zidane, Parker ou Michalak... Certes. Mais comme tous les autres journaux, L'Equipe doit suivre l'évolution de la société et se doit d'obéïr à une logique économique. Et aujourd'hui, ce qui fait vendre... ce sont les stars du foot ou des "grands sports". Alors en attendant que les mentalités évoluent et retournent vers d'autres valeurs du sport, il faudra faire avec... Malgré ses 60 ans, l'heure de la retraite n'a pas encore sonné..
Bon anniversaire L'Equipe...
(*): "Stade de Reims, une histoire sans fin" qui retrace l'histoire du Stade de Reims et "Au bonheur des filles" qui traite de l'histoire du football au féminin en France, Prix Lacoste de la Littérature sportive (oui je sais je me la pête mais de temps en temps, ça ne fait pas de mal).
Les deux livres aux Editions des Cahiers Intempestifs, à Saint-Etienne.